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Le Sanflorain

Alleuze

Roffiac

Ste Anastasie

 

La Truyère (retenue du barrage de Grandval) :l'église romane de Mallet repose au fond de l'eau.

 

L’arrondissement actuel de Saint-Flour regroupe en réalité des pays variés que l’ancien découpage en deux arrondissements, Murat et Saint-Flour, respectait davantage. La zone constitue un carrefour d'influences, ouvert sur les départements limitrophes et isolé du reste de la Haute-Auvergne par les montagnes.

 

 

 

 

 

Généralités

 

 

 

Le Sanflorain et la Haute-Auvergne


 

Cette zone occupe approximativement la moitié du département. Les quatre départements limitrophes sont, au Nord le Puy-de-Dôme, à l’Est la Haute-Loire, au Sud-Est la Lozère et, au Sud-Ouest, l’Aveyron. Nous sommes donc ici en une sorte de carrefour d’influences (les églises en témoignent logiquement), d’autant plus que les contacts directs avec le reste de la Haute-Auvergne, Mauriacois et Aurillacois, ont été limités. Au centre du Cantal en effet trônent les montagnes qui, pour ne pas être extrêmement élevées, n’en constituent pas moins une frontière naturelle que la neige, chaque hiver, rend bien réelle, et le développement de chaque moitié ne pouvait qu’être relativement autonome. Quiconque fréquente alternativement les deux parties, Aurillac-Mauriac d'un côté, Saint-Flour de l’autre, aura remarqué qu’aujourd’hui encore, dans les mentalités et la réalité des échanges, une coupure bien nette traverse le Cantal de part en part. Paradoxalement, le percement du tunnel du Lioran ajoute encore à cette impression que, décidément, on traverse quelque chose.

  Il n’est donc pas inutile d’insister sur le caractère pourtant unitaire du Cantal, car ce que la géographie semble avoir distingué nettement, l’histoire l’a réuni, et notre département n’est pas à proprement parler une création arbitraire : la Haute-Auvergne précède largement le Cantal dessiné à la Révolution. En 972, en effet, l’évêque d’Auvergne désigne Aurillac comme seconde capitale de son diocèse et en profite pour préciser les limites de cette nouvelle structure, citant notamment le Lander en terme de frontière. A l’époque, Saint-Flour n’est guère développée, voire encore inexistante, mais appartient bien alors au même ensemble qu’Aurillac ou Mauriac. Il est vrai que ce découpage reste flou, mais d’ores et déjà les montagnes sont au centre d’une zone unique, comme aujourd’hui, et non à une extrémité.

  Cela n’interdit pas, à l’intérieur même d’une zone “ sanfloraine ” qui correspondrait à l’arrondissement actuel, de distinguer divers pays bien caractérisés.  

 

 

Les pays du Sanflorain 


 

 

Saint-Flour, vue sur la ville haute

 

Au centre, la Planèze est une vaste étendue de basalte presque plate dont les limites, un peu incertaines, peuvent être la Truyère au Sud, la Margeride à l’Est et, au Nord, la vallée de l’Alagnon. L’altitude oscille entre 900 et 1000 mètres, avec quelques pointes dont la butte de Tanavelle, à 1092 mètres, surnommée pour cela le nombril de la Planèze. Il y a peu encore ce vaste triangle accueillait des cultures de seigle, pois, lentilles et autres céréales, aujourd’hui remplacées par l’élevage. Un meilleur ensoleillement et une pluviométrie plus faible qu’à l’Ouest, les montagnes là encore jouant leur rôle de barrière, ont fait de la Planèze le grenier de la Haute-Auvergne tandis que Saint-Flour, selon l’expression traditionnelle, en fut le gardien. Très tôt l’arbre disparut au profit des cultures, et à Valuejols, Tanavelle, Ussel, comme plus haut autour de Landeyrat aujourd’hui encore, on recueillait la tourbe pour se chauffer.

  Autour de ce cœur qu’est la Planèze rayonnent divers pays bien caractérisés. Au Nord, pour simplifier, nous trouvons le Cézallier dont la capitale cantalienne pourrait être Allanche. Cette région déborde largement dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire actuels, formant un trait d’union entre les monts Dore et la Margeride. L’altitude est élevée, autour de 1000 mètres avec des pointes à 1555 mètres au Signal du Luguet et 1478 mètres au mont Chamaroux, bien visible de Montgreleix, commune la plus haute du Cantal. C’est une terre âpre vouée à l’estive. Les hivers y sont longs et bien enneigés.  Par sa situation le Cézallier est donc à la limite de la Haute-Auvergne, qui n’en possède qu’une petite partie ; certaines paroisses relevaient de la Basse-Auvergne mais furent attribuées au Cantal lors de la formation du département.

  A l’Est, la Margeride proprement dite ne touche également qu’une faible partie du Cantal, à qui appartiennent ses derniers contreforts Nord-Ouest, aux limites de la Planèze et de l’Aubrac. Le canton de Ruynes en Margeride forme l’essentiel de la Margeride cantalienne, le reste étant constitué des cantons de Pinols, Le Malzieu, Saint-Chély, Saugues, Saint-Alban, Grandrieu, Langogne, Saint-Amans et Chateauneuf, en Haute-Loire et Lozère. L’altitude ne descend pas en dessous de 750 mètres, point culminant au suc de Malebriou ou Roche du Beurre (1423 m. ; le mont Mouchet, avec ses 1465 m., est en dehors des limites départementales.)  Le parler margeridien est un auvergnat influencé par le Languedoc, nous disent les spécialistes, mais le dialecte sanflorain s’imposerait malgré tout autour de Ruynes jusqu’au Malzieu, signe d’une vieille dépendance. Nous ne serons pourtant pas étonnés de retrouver, à Chaliers, Saint-Marc, Bournoncles, Védrines, etc., la marque du Gévaudan et du Velay.

  Entre Margeride et Cézallier le pays de Massiac présente également une forte identité. Voici en effet un petit bassin bien atypique en Cantal, au profil tout méditerranéen. Un micro-climat extrêmement sec permet d’y faire pousser toutes sortes de fruits, et le bâti est très clairement méridional, avec ses tuiles romaines rouges et ses terrasses. Les gallo-romains, semble-t-il, avaient particulièrement apprécié le site puisque leurs traces sont fort nombreuses, à Ferrières, Bousselorgues, Boutirou , Grenier-Montgon, etc. Nous sommes ici plus proches de Brioude, de Blesle et des limagnes que de Salers ou Murat, et l’impression d’étrangeté est frappante.

  Au sud enfin la corne cantalienne enfoncée entre Lozère et Aveyron est également originale. Nous touchons ici l’Aubrac rude des chemins de Compostelle, qui expliquent sans doute l’église à déambulatoire de Saint-Urcize et les nombreuses figurations de pèlerins (Saint-Urcize, Jabrun, Deux-Verges…). C’est encore le Massif-Central, mais plus tout à fait l’Auvergne.

  On peut nommer ce pays le Caldaguès, Chaudes-Aigues en étant le chef-lieu. A l’extrême pointe du cône se trouvait la viguerie de Villevieille ou Vieillevie, près Saint-Urcize. Selon Boudet il s’agissait pour les habitants du Caldaguès d’avoir accès aux riches pâturages de l’Aubrac, et cette aberration cartographique correspondrait alors à une “ nécessité de l’existence ” fort ancienne.

 

  Ce rapide tour d’horizon n’épuise pas la variété de l’arrondissement de Saint-Flour, mais en donne une idée. Les églises, globalement, respectent ces nuances tout comme elles reproduisent le découpage géologique. Granite, schiste ou pierres volcaniques sont prélevés sur place et contribuent à typer fortement chaque zone, en accord avec les paysages.  

 

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Quelques églises :

Roffiac Alleuze Sainte Anastasie

 

 
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